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Récit de Croisière TERRE NEUVE - CAP VERT - 2010

Les jours s'écoulent vite, nous prenons notre temps, mais les jours passent trop vite et déjà nous devons songer à retourner à St John's pour préparer le départ. Nous revoyons Jerry qui nous donne quelques détails sur les morues :
Son frère a travaillé pour un service hydrographique qui prend les températures de l'eau de mer. Il semblerait que l'eau ait perdu quelques degrés, ce qui aurait empêché les morues d'éclore. D'après lui donc, les morues ont cessé de se reproduire à cause de ça. Le gouvernement en a profité pour mettre tous les pêcheurs étrangers dehors. Les stocks de morues n'auraient peut etre pas disparu à cause de la sur-pêche...
Nous faisons les courses pour le départ, grace à Tony qui m'emmène au supermarché. Fifi et Patrick arrivent, qu'il est bon de retrouver notre Fifi, il est bien content d'être là, le rêve se réalise. Ses débuts à la retraite sont bien employés...
La météo montre une dépression sur notre route juste après le départ, elle a l'air de ne pas bouger, alors il faut y aller quand même pour la traverser.
Le 14 aout est donc choisi comme jour de départ, déjà... Quitter Terre Neuve me fait peine, je me suis mise à bien aimer ce pays, j'y ai mes repères, vite pris, et tout marche si bien ici. Pour traverser la rue par exemple, il suffit de s'engager, et les voitures s'arrêtent comme par miracle... Les chauffeurs goguenards rient de mon étonnement renouvelé. Les gens ici sont vraiment gentils!!
Le 14 à midi, nous quittons le ponton. Tony et Heather sont venus nous saluer. Les douaniers ont tamponné des papiers pour nous, au cas où on nous réclamerait quelque chose au Cap Vert. Ils sont bien serviables eux aussi. Je réunis les derniers sous et je fonce à une boutique tout près pour acheter des bricoles, chips, saucisson, bonbons... pour finir les sous.
Et il faut partir. La sortie est très belle, il fait beau près de la côte, nous longeons la colline qui m'a donné hier les premiers bleuets et qui m'a permis de faire deux petits pots de confiture. Voilà une nouvelle raison de revenir....
Dehors, ça va, chacun s'habitue au mouvement, les quarts se décident, repas du soir, tout va bien encore. Nous divisons la journée et trois quarts tournants, Pascal et moi partageons, Fifi et Patrick prennent leur quart tous seuls. Pascal est là de toute façon et comme à chaque fois, il ne dort guère la première nuit. Le mauvais temps s'en mêle, mais il racontera mieux que moi cet épisode, car moi, du fond de ma couchette, j'ai juste trouvé que c'était bien long...
Deux zonnes de vents forts
Le beau temps revenu, l'oubli est instantané, c'est comme ça chaque fois, c'est miraculeux et c'est ça qui ramène les malades en mer à la mer à nouveau. Nous ne sommes pas masos, simplement, nous avons la mémoire courte...
Je commence à faire du pain, du bon pain blanc et du pain à graines, mmmm, et du yaourt, et plein de petits plats qui nous réconfortent, mais rien n'égalera jamais dans le coeur de Fifi la soupe en sachet que Pascal lui avait faite au coeur de la tourmente!!!!
Je recommence à faire travailler Gaston, revisions de vocabulaire, et Patrick se charge de lui faire faire des maths pour consolider les tables. Il lui invente des petits problèmes avec des inconnues, des fusees qui doivent décoller avec des limites de charge, et une ile au trésor qui les occupe plusieurs jours de suite. Gaston continue aussi ses cours de dactylo, il progresse.
Le vent faiblit au bout de quelques jours mais nous avons si bien avancé la première semaine que ce n'est pas très grave. Nous nous sentons bien ici, au milieu de l'eau, et nous continuons à avancer par tout petit temps, à petite vitesse. Les jours se succèdent, ils se confondent, on en oublie de donner des nouvelles... Il ne faut pas nous en vouloir, nous sommes simplement dans notre monde particulier, à chaque fois différent des autres navigations, à chaque fois une nouvelle recette réussie d'harmonie avec notre milieu. Par un jour de calme plat Pascal arrête le bateau complètement et nous nous baignons sur un océan d'huile, Fifi n'en revient pas de voir la mer si plate en plein océan. La baignade est bienvenue car la chaleur est revenue, les pantalons ont vite été mis au rancart, bottes et ciré aussi, mais ils ont tout de même été indispensables au départ. La ligne de pêche nous suit docilement, mais elle reste vide. Pas un oiseau non plus, pas de baleines, pas de dauphins, et sauf un petit calamar et quelques poissons volants qui se suicident sur notre pont une nuit, le monde semble vide, on se raconte des histoires de fin du monde, combien de temps tiendrions nous si nous étions seuls au monde ? On parie sur qui on mangera en premier... Le plus gros!!! ce sera le meilleur!!!
Le vent revient un peu, nous remettons en route, et les jours s'égrainent, beaux, paisibles, chaleureux, on est bien. Les milles sont avalés, petit à petit, les fêtes se succèdent, on trouve des tas de prétextes pour boire un petit coup le soir. Justement, un cargo, toutes lumières dessus nous offre le spectacle d'autres hommes sur la mer, il passe au loin et fait événement dans notre vie. Nous nous attardons à regarder les étoiles, Vénus au couchant, épaulée de Mars et de Saturne qui reste invisible, tandis qu'à l'autre bout de l'horizon se lève Jupiter tous les soirs. Le Scorpion est bien visible, la grande ourse aussi, et au petit matin Orion salue ceux qui ont veillé en fin de nuit.
La terre approche malgré tout, inexorablement... 300 milles, 200, moins de 100, et le GPS commence à donner des heures d'estimation d'arrivée. On a presque envie de reculer, en tout cas, on ne met pas le moteur, on se baigne à nouveau, quel plaisir! Fifi met le masque pour regarder le grand bleu par 3000 mètre de fond, même pas peur!!! Il voit un petit poisson qui nous suit, prenant abri de notre grande coque.
Le temps est exceptionnellement sec, nous n avons pas l'habituelle humidité du soir qui poisse tout d'habitude dans le bateau. C'est sans doute l'influence Africaine du désert. En tout cas, c'est très agréable. Et on avance, l'air s'épaissit, la visibilité diminue, on constate grace au radar qu'il faut être vigilant pour la veille aux cargos, c'est sans doute la poussière du désert qui opacifie l'atmosphère. Le GPS dit qu'on arrive, bientôt, tout à l'heure, et on ne voit toujours pas la terre, Fifi veille, je sors aux nouvelles, je vois sur la droite une forme déchiquetée haut dans le ciel, la côte ? Un nuage me dit Fifi. Mais force nous est de constater une heure plus tard que c'est bien la terre qui est là, à moins de 10 milles, Fifi a perdu son quart de rhum!!! Ou bien n'avait pas non plus envie de voir la terre arriver ?
La nuit tombe, nous avançons devant les lumières de Santo Antao que nous devons longer pour atteindre Sao Vicente et la ville de Mindelo. Il fait très noir, quelques feux rouges, des lumières sur la côte, le radar nous aide à trouver le mouillage, ainsi que la carte électronique connectée au GPS. C'est beau le progrès, on peut arriver de nuit sans problème dans un endroit inconnu. Patrick prend la barre, suit les corrections compas données par le capitaine, et l'entrée dans l'avant port de Mindelo se fait sans problème. Nous lâchons la pioche vers 10 heures, et voilà...
Il faut songer à manger, la mer nous a fait le dernier cadeau d'une belle dorade coriphène et d'une grosse bonite a ventre rayé. Poisson cru, poisson cuit, et les yeux pour les braves...
Mindelo est une petite ville très agréable, nous nous y plaisons tout de suite. Il fait chaud mais le vent qui souffle depuis notre arrivée rend les 30° supportables. Les gens sont gentils et accueillants, nombreux sont ceux qui parlent français. (ça aide) Nous trouvons du pain, des bananes, du citron, et le sourire des enfants. Gaston est plus ravi que nous si possible, deux bateaux voisins ont des enfants, et les quatre garçons quasi du même âge se retrouvent à chaque occasion. Nous prenons quelque vacance en attendant Odile et Valérie qui nous rejoignent la semaine prochaine. Valérie apporte les cours du CNED qu'elle a reçus in extremis!!! ouf! Je craignais encore la même galère pour récupérer les cours, mais nous sommes saufs cette fois ci. (au grand dam de Gaston!)
Cette semaine d'escale au Cap Vert nous permet de rencontrer deux couples très sympathiques avec leurs enfants, il y a encore des nomades sur terre, comme nous, et ça réchauffe le coeur de voir qu'il y a encore des rêveurs, comme nous.
Vendredi 10 septembre . Il pleut depuis trois jours, l'île a verdi tout de suite et c'est assez impressionnant à voir. l'eau du pot est devenue très boueuse et nombreux sont ceux qui ont les intestins dérangés. Dans les rues on voit partout des sacs remplis de sable que les gens installent devant la porte de leurs magasins quand il pleut, il pleut si rarement ici, les pas de porte sont plutôt bas et la pluie violente descend à flots et inonde tout.
Les dépressions se succèdent, nous allons essayer de partir entre deux. Le bateau est presque pret, nous pensons partir demain pour Mar del Plata que nous comptons atteindre aux environs du 9 octobre. 30 jours de mer environ dans un autre cocon, vers un pays que l'on connait déjà. Nous serons heureux de retrouver les amis de longue date, la bonne viande argentine, le maté. Et des tas de nouveautés probablement de la vie qui continue.
Nous vous embrassons, la suite de nos aventures en octobre donc, mille bisous de nous trois,

Bernadette, Pascal et Gaston


 

BATEAU VALHALLA

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