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Récit de Croisière TERRE NEUVE - 2010

Notre croisière avec les amis s'est déroulée entre les deux dernières semaines juillet. Nous sommes partis de St John's, sur la péninsule d'Avalon, vers le nord. Nous les laissons à Bonavista d'où ils reprennent un taxi qui les conduit à l'aéroport en 3 h 1/2 de route. Le principal danger sur la route est la possibilité d une collision avec un moose (élan local).
Voici maintenant quelques lignes racontant ce que nous avons pu saisir de ce pays nouveau pour nous. Nous avons envie de connaitre davantage encore, alors nous risquons fort de revenir un jour pas trop lointain.

Peut on penser à Terre Neuve sans penser à la pêche ?
Il est difficile de savoir s'il y a encore du poisson ici, si l'on écoute les pêcheurs, il y a encore beaucoup de poisson, mais il paraît qu'ils ne sont surtout jamais alarmistes. En ce qui concerne la morue, dans les eaux nationales, la pêche commerciale est interdite, mais il n est pas interdit de vendre les morues tombées par erreur dans les filets des bateaux armés a une autre pêche, comme la crevette ou le flétan qui est un poisson de fond... Le gouvernement a permis a chaque habitant de remplir son congélateur pour l'année pendant 3 semaines en ce moment, 5 morues par pêcheur avec une limite de 15 morues par bateau et par jour. On rencontre donc autour des pointes et des rochers des petites barques avec trois personnes a bord, papa, femme et enfant qui dandinent la jig. Il y aura une autre semaine d'ouverture en octobre.
Même principe en hiver avec la chasse au moose, ça occupe les gens qui n ont pratiquement pas de travail l'hiver et ça les aide financièrement, ( un moose, ça rempli un congélateur).

Terre Neuve :
Un peu d'histoire.
Le 1er settlement anglais date de 1610 à Cupid, Conception baie, au nord de St John's. Cependant, on pêchait déjà le long des côtes de Terre Neuve depuis plus d'un siècle. Normands, Bretons ou Basques venaient y chercher la morue qu'ils remportaient séchée et salée. Pour sécher la morue, on la déposait sur des "graves"(cailloux). En laissant passer un courant d'air sous le poisson, cette technique accélérait le séchage. Le "Caillou"(The Rock) est aussi le surnom local de l'archipel.
La pêche se pratiquait sur les grands bancs, des plateaux marins entourant Terre Neuve. Les goélettes amenaient les pêcheurs sur place, ensuite, ils montaient dans leurs doris et s'étalaient autour de la goélette pour pêcher à la ligne. Les hommes passaient toute la journée dans leur petite barque, les pieds dans le poisson et dans l'eau glacée qui parfois emplissait les doris. Le brouillard très fréquent ici dispersait parfois les flottilles et les pêcheurs n'étaient jamais sûrs de revoir leurs familles quand ils partaient. C'était cependant la vie rude d'ici. En hiver, quand les glaces du grand nord venaient bloquer les côtes, il y avait les bois. Nous avons bien compris que Terre Neuve, c'est la mer, les bois et le vent.

St Pierre et Miquelon, situés plus au sud, ont vu leurs premiers habitants arriver de Bretagne, Normandie et du Pays Basque dès 1604. Le nommé Bergeron de Honfleur est l'un des premiers. D'anciens paysans Acadiens chassés de Nouvelle France sont venus les rejoindre ensuite.
Terre Neuve est surtout un lieu ou les pêcheurs d'Europe venaient pêcher pendant l'été. Petit à petit, quelques uns sont restés l'hiver et ont amené leurs familles. C était surtout des équipages irlandais embarqués sur les bateaux anglais. Des bateaux en partance pour le nouveau monde ont aussi échoué sur Terre Neuve, comme c'est arrivé aux Bermudes, ce furent parmi les premiers colons.
Terre Neuve a d'abord été une véritable nasse de poissons, mais la pêche intensive a eu raison des stocks de morue ou de capelan. Il a fallu stopper la pêche, et les terre-neuviens ont cherché autre chose à faire. Le pétrole est apparu en mer, mais cette manne ne profite pas à tout le monde. La pêche a repris depuis quelques années. On ne sait pas si le poisson est vraiment revenu, mais il en reste encore un peu...
Terre Neuve a été rattaché au Canada en 1949.
La vie est chère, nous nous en sommes rendus compte au supermarché ou dans les bistrots.

Un peu de géographie.
Terre Neuve est 4 fois plus petite que la France, mais elle a 9 656 km de côtes! La province de Terre Neuve et Labrador (NL pour le service postal, Newfoundland and Labrador) est la dixième province Canadienne. St John's, située sur la presqu'île d'Avalon, est la ville la plus à l'est du pays. C est même le point le plus "zeste" de tout le continent nord américain.
Terre Neuve est située à la même hauteur que la France, St John's doit être à la hauteur de Nantes. Mais le climat n'est pas le même à cause des courants qui baignent l'île.

Un peu de climatologie.
De grands vents soufflent sur Terre Neuve toute l'année, son climat est le plus humide dans l'est de l'Amérique du Nord, le peu de sol terreux disponible est fortement acide et la saison de croissance est très courte. De plus, la côte est est victime du courant du Labrador, un courant océanique qui transporte les froides eaux de l'Arctique, glace comprise, jusqu'aux côtes de Terre-Neuve. D habitude, des icebergs se promènent le long de la cote toute l'année. Cette année cependant, aucune glace n'est restée après la débâcle, et aucun iceberg n'est à craindre. L'eau de mer est à 4° tout le long de la côte est !! La première conséquence pour nous est qu'il y a beaucoup de condensation au sol dans le bateau, venant des réservoirs d'eau douce et de fuel, qui se mettent à la température de la mer. Même si le soleil chauffe, il fait toujours un petit frais à bord.
Le printemps ne commence pas avant le mois de mai, et il est presque normal d'avoir du gel jusqu'en juin. La neige apparaît en octobre ou novembre pour ne partir qu'en mai, la température moyenne en hiver tournant autour de –2°C.
Au nord de Terre-Neuve, le climat est encore plus rigoureux. La température plonge parfois jusqu'à -25°C en hiver, alors que des vents hurlants y font rage.
J'ai lu que les landes de calcaire de Terre-Neuve ressemblent au Burren, en Irlande, bien que la flore y soit très différente. En tout cas, dans la partie de l'île que nous avons déjà vue, il y a beaucoup de sapins et de spruces, donc une végétation plutôt alpine.
En cette saison de début d'été, nous nous régalons de milliers de fleurs sauvages, et nous rentrons de chaque balade avec un bouquet différent. Marguerites, trèfle, chardons, et des tas de fleurs locales, des mares d'iris bleus dans des océans de vert tendre piquetés de jaune, de blanc, et de violet , on a l'impression de se promener dans un tableau impressionniste, c'est délicieux.

Premières impressions.
Fin de traversée, après être sortis des brumes des bancs de Terre Neuve, la dernière journée de navigation le long de la péninsule Avalon s'est faite sous le soleil. Nous avons longé la côte de près, ce qui nous a permis d'admirer les oiseaux qui nichent sur la côte et les îlots. Goélands par milliers, macareux moine et guillemots qui nous rappellent un peu les manchots essayant de fuir devant l'étrave : quand ils n'arrivent pas à décoller, ils plongent. Fous de bassan à très grande envergure, avec le bout des ailes noir, ils ont un vol majestueux. Et puis les baleines, baleine à museau pointu qu'on appelle souvent de son nom anglais : Minky, ou encore baleine de Mink, baleine à bosse, rorqual commun, cachalot, et aussi des dauphins qui sautent au loin ou viennent jouer avec Valhalla.
Nous avons touché St John's le 24 juin par un soleil radieux et chaud. C'était magique. L'entrée dans la rade se fait en passant entre deux falaises, le passage s'appelle "les Narrows". Notre nouvel ami Jerry nous attendait au petit ponton de la ville, en plein centre, les douaniers très courtois sont tout de suite venus faire notre réception et tamponner nos passeports.
La première impression quand on arrive de mer en pleine ville comme ici, c'est une impression de liberté : on va jusqu'au bout du ponton, puis on se risque sur le trottoir, et on voit une rue à droite, une à gauche, et on a l'impression qu'on est libre de choisir où l'on veut aller... Pascalou dit que ça fait tout le temps la même chose quand on arrive de traversée.
Le ponton donne sur un parc où trônent deux statues de chiens de Terre neuve. Gaston en profite pour les chevaucher, naturellement. (Leur dos lustré me dit que tous les enfants font ça, et même les touristes japonais, je les ai vu faire...) Malgré l'heure tardive, beaucoup de gens prennent l'air et surtout le soleil, assis sur les pelouses. Ce parc est aussi le lieu de rendez-vous d'une troupe de théâtreux qui déclame ses textes a tous vents. Les gens sont très gentils, très accueillants, Gaston sympathise avec de nombreuses personnes et se voit offrir plein de cadeaux. Des bois d'élan, de la confiture, de la tisane de fruits locaux... Quelle gentillesse, vraiment.

Jerry est une figure locale, avec son chapeau canadien fait maison, et son accent tellement bizarre pour nous, il a toujours le rire aux lèvres et adore faire des jeux de mots. Seulement, notre anglais ne nous permet pas de tout comprendre. Un autre ami d'amis vient nous dire bonjour : Tony (qui a l'énorme avantage de parler français) et sa femme Heather vont nous recevoir chaque jour chez eux afin qu'on puisse faire notre courrier sur leur ordinateur. Tony nous emmène aussi faire les courses quand les boutiques sont trop loin. Voilà encore des gens chaleureux qui resteront dans notre coeur.

Travaux à bord.
Nous avons reçu à St John's notre nouvelle hélice sortie de fonderie. Il faut maintenant la mettre en place, ce qui signifie qu'il faut mettre le bateau à sec. Les tarifs sont hors de prix, 3 fois plus cher qu'à Trinidad où nous avons caréné en février. Nous avions contacté un chantier depuis Carriacou, qui avait dit qu'on pourrait discuter les prix puisque c'est la basse saison pour le chantier. Donc, nous partons pour Harbour Grace, petit port situé plus au nord, après que nous ayons accueilli notre nouvel équipier et ami Mick, un Hollandais venu d'Irlande avec sa mandoline.
Nous arrivons une veille de jour férié (Canada day), qui fera un long week-end... Ce qui fait que nous avons quelques jours avant de savoir si nous pourrons faire affaire avec le patron du chantier. Nous irons mouiller a Salmon cove puis nous reviendrons. Nous trouvons rapidement des amis qui nous offrent du crabe, du calamar, des crevettes... Ils nous nourrissent tous!!! Ils doivent nous trouver trop maigres...
Lundi matin, nous rencontrons Roger le patron du chantier, cowboy américain avec l'anneau à l'oreille, enfin nous pouvons mettre à terre avec un tarif qui nous convient, et nous changeons d'hélice dans la journée. Remise à l'eau le lendemain et essais. C'est tout de suite très décevant, cette hélice fait souffrir notre moteur encore davantage, ce n'était pas le but de l'opération. Après discussion avec Roger, nous décidons de remettre à terre pour faire modifier l'hélice. Il connaît "un artiste" à St John's. Mais il ne peut pas faire le travail avant lundi. Encore quelques jours à Harbour Grace. Jerry et sa compagne Barbara nous rendent visite, ainsi que Tony et Heather, nous ne sommes qu'à une heure de route de St John's. Maintenant, tout le monde a une voiture, ou même deux, si bien que les services de bus ont quasiment disparu. Il est donc difficile de se déplacer dans l'île sans louer un véhicule. Mick va voir un loueur dans la ville voisine, mais les tarifs sont absurdes, tant pis, on s'occupera ici, Mick en profite pour graisser plusieurs winchs, et Pascal prend un repos bien mérité.
Nous sommes amarrés au ponton parmi les pêcheurs, leurs bateaux sont très bizarres, très courts et très hauts. Quelques un chavirent nous dit un pêcheur du coin. Le gouvernement a décrété des catégories à la longueur, les bateaux cherchent donc à rester en dessous de 45 pieds (13 mètres), par contre, il peuvent ajouter le nombre de ponts qu'ils veulent, on termine avec des sortes de chaussures pour petit pied chinois, très hautes et très décorés. Les bateaux sont équipés de "birds", deux tubes en alu soudés en triangle de chaque côté qu'ils déploient pour immerger les birds, grosses paravanes , ce qui leur évite de trop rouler en faisant balancier. Les étraves très au dessus de l'eau sont souvent barrées du drapeau de Terre Neuve, et les cabines sont de véritables oeuvres d'art où le religieux domine : nous avons souvent vu des Jésus guidant des capitaines à la barre... Le village d'Harbour Grace, comme tous ses voisins a deux églises, une anglicane et une catholique. Les deux communautés se chamaillent depuis toujours, on ne se mélange pas, chacun a ses écoles, mais on cohabite. Aujourd'hui encore la religion est importante pour les gens, (chose que décidément, je ne comprendrai jamais...)

Encore un peu d'histoire, en passant.
L'île de Terre Neuve a été colonisée par la mer, les hommes se sont donc installés là où il y avait du poisson pas loin, et là où le port était bon. Les liaisons se faisaient par bateau, presque exclusivement. Et puis on a construit des chemins, puis quelques routes, et il est devenu évident qu'il serait impossible de relier toutes les communautés entre elles. La vie a bien changé, les gens ont davantage de besoins, ils ne veulent plus rester isolés comme avant. Le gouvernement canadien a incité les gens trop isolés à s'installer ailleurs, afin de pouvoir fournir à tous des services scolaires et de santé. Il y a donc pas mal de communautés abandonnées, où les gens ne retournent qu'en été, parfois. C'est là que nous comptons aller plus tard.
Les gens aiment beaucoup raconter l'histoire de leur village, les faits et les personnages marquants de leur lieu. Des incendies ont ravagé les villes au 19 e siècle, dont Harbour Grace. Son dernier grand incendie en 1944 ( c'était le septième en moins de 100 ans) lui fut fatal : la plupart des entreprises sont alors allées s'installer à St John's qui est ainsi devenue la première ville de l'île. St John's n'a pas été épargnée non plus, et on dirait bien que chaque village a eu à déplorer au moins un grand incendie. Il faut dire que toutes les maisons sans exception sont construites en bois local. (fin de la parenthèse)

Remise à terre, démontage de l'hélice(1/2 heure, on devient rapides!!! grâce à l'instrument magique que Pascal avait conçu avec Uwe à Carriacou) L'hélice s'en va, il faut attendre. Elle revient mardi, remontage et mise à l'eau, essais... Bon, ça à l'air d'aller beaucoup mieux. Pascal pense qu'il faut voir à l'usage. En tout cas, nous n'avons plus les vibrations dérangeantes que nous avions avec l'ancienne. Les amis du coin, Terry et Patsy, nous invitent chez eux pour un barbecue... et une douche! Gaston fait du trampoline, il arrive à faire presque aussi bien que son petit cousin Anthony, et il joue aussi avec leur ordinateur, il comprend beaucoup plus d'anglais que je ne le pense...
Nous comptons partir le lendemain pour Brigus, deux semaines à Harbour Grace, c'est bien... Terry vient nous larguer les amarres, avec encore des cadeaux, du Pepsi pour Gaston, des bonbons, des chips, des tas de choses, quelle gentillesse, vraiment, ils sont incroyables, ils adorent donner des choses. Mick me dit que les Irlandais sont pareils...
Brigus, petit hameau avec un port minuscule encastré au fond d une baie sauvage. Les collines environnantes nous offrent le spectacle de la mer tout autour, et des hautes collines dans le lointain. Des vaches et un gigantesque taureau blanc nous contemples, paisibles.
Nous repartons sur St John's pour accueillir Bernard, Tonia et Françoise qui viennent passer 15 jours avec nous. Nous verrons aussi au passage notre jeune ami Nolwenn en route pour le Groenland avec Gambo.

Nos amis sont à bord et nous partons pour de nouvelles aventures.
Tous les matins Mick écoute la météo à la VHF. Il enregistre afin de pouvoir réécouter et noter. La météo change vite, et les bulletins aussi, sans arrêt revus, mais j'aime quand les prévisions de pluie se transforment en franc soleil. Il fait meilleur qu'à notre arrivée, nous ne mettons presque plus le chauffage. Le temps est agréable, chaud en journée, mais avec jeans, et couette la nuit : super. Quelques jours de pluie et quelques jours d'un peu de brouillard, beaucoup de soleil finalement, un bel échantillon de ce que le ciel d'ici peut avoir en réserve. L'été de Terre Neuve, c'est de la chaleur, mais pas tous les jours, du soleil, mais pas tous les jours, du brouillard et de la pluie parfois, mais nos amis sont ravis de ce climat qui les sauve des chaleurs torrides françaises. Un matin, la météo nous promet 5 jours de beau temps ensoleillé, mais des le lendemain on a un avis de coup de vent, c'est Terre Neuve, toujours changeante.

Dès notre deuxième jour de croisière, dans le mouillage de Deer Harbour, nous trouvons une cascade assez chaude pour que nous allions tous nous baigner, incroyable ! L'eau très ferrugineuse (il doit y avoir de la tourbe en amont) coule à flots bouillonnants, c'est tout simplement divin. Nous profitons d'un massage énergique sous la cascade, et d'ailleurs, nous en redemandons le lendemain.
Nous passons la plupart de nos nuits amarrés à des pontons, que ce soit dans des villages habités ou dans des communautés abandonnées. Cela facilite grandement le mouvement et les balades. Cependant, nous passons aussi plusieurs nuits au mouillage, loin des moustiques, si possible. Ce pays est affligé d'une quantité incroyable de bestioles, moustiques, fourmis voraces et guêpes, d'ailleurs, les maisons sont toutes équipées de portes et fenêtres en moustiquaires. C'est malgré tout tenable, et nous ne déplorons que quelques piqûres (sur la chair la plus fraîche, comme toujours).
Nous rencontrons partout du monde, les gens sont très curieux de nous, d'où venons nous, combien de temps nous avons passé en mer... Les plus vieux se souviennent du temps des goélettes sur lesquelles ils étaient embarqués pour la pêche. Les temps ont bien changé, les goélettes ne sont plus là, les bateaux ont des moteurs, on ne pêche plus en doris ni à la voile. Nous avons souvent du mal à comprendre ce que les gens disent, sauf Mick qui vit en Irlande et qui trouve que l'accent est très proche de ce qu'il entend d'habitude. Il nous traduit ce que disent les papys, et c'est très intéressant, une autre vie, un autre monde, qui s'en va. A Flat island, une petite famille arrive dans une petite embarcation, nous leur faisons visiter le bateau et les petites filles sont tout étonnées de voir Gaston, ses jouets, ses livres, son monde, elles découvrent notre maison flottante, étonnées. La plus grande des deux a 9 ans aussi, elle commencera le français à la rentrée, c'est la langue que les enfants canadiens apprennent tous, et beaucoup parlent quelques mots, certains parlent très bien. D'ailleurs, pays bilingue oblige, tout est inscrit en anglais et en français, sur toutes les étiquettes et les panneaux. Ça nous rend bien service !
Voulez vous quelques noms qui chantent ? Old Perlican, Deer harbour, Ireland's eye, Trinity, Flat island, Pork island, Sydney cove, Salvage, et il y a plein d'autres endroits où nous n'irons pas faute de temps. Nous avons cependant un bel aperçu du pays. Tous les soirs grâce à un cadeau de Françoise, je retrouve les pêcheurs de l'après guerre dans un ouvrage d'Anita Conti que je vous recommande : "Racleurs d'océans". C'est très bien écrit et illustré de photos.
Sur l'eau, nous avons vu chaque jour beaucoup d'oiseaux, surtout des guillemots, des macareux, des goélands, des fous de bassan. Les baleines ne sont pas joueuses, mais sont très présentes, elles sont trop occupées à manger, ingurgiter des tonnes de capelans la nourriture locale de tous ici. Nous avons pu approcher un cachalot qui a sondé juste sous notre nez, nous montrant sa queue majestueuse. Les dauphins sont venus nous voir, (dauphin à bec blanc, de très grosses bêtes) mais ils ne restent pas longtemps non plus.
J'avais le projet de faire des confitures, mais c'est encore tôt en saison pour la cueillette, les groseilles sont formées mais dures comme la pierre, les framboises, encore invisibles, et les bleuets, introuvables. Le dernier jour pourtant, et en plein village de Salvage, je trouve une mine de framboises. Voilà le dernier petit déjeuné sauvé!!
Samedi 31 juillet, nous sommes de retour à Bonavista, il y a une fête de prévue pour le week-end, avec feu d'artifice, voilà qui plaira à Gaston ! Ce soir, il y a concert, musique locale : accordéon, strong voices... Un Terre-neuvien et un Irlandais chantent des chansons de marin, de vieux airs irlandais et des histoires de terre-neuvas et de folklore local. Mais qu'il est difficile de comprendre. La musique est entrainante et c'est le principal.
Côté lecture, je vous recommande Annie Proulx "Noeuds et Dénouements", le livre d'Anita Conti déjà cité "Racleur d'Océan", et Bernard vous recommande : Florence Delaporte "Terre Neuve", ça vient de sortir chez Gallimard.
Nos amis vont partir, leur vie en pointillés avec nous va se suspendre, jusqu'à la prochaine fois. Et nous allons continuer notre route. Nous avons 15 jours encore dans ce beau pays, j'espère trouver d'autres baies sauvages, pour faire vraiment des confitures. Et puis nous reprendrons la route avec Fifi et son ami Patrick, vers un autre bout de soleil au Cap Vert, avant de reprendre notre vie argentine. Maté et viande, et tous les amis. Nous vous raconterons. Un gros bisou a vous tous.
Pascal, Bernadette et Gaston


 

BATEAU VALHALLA

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