Nous voici donc bien arrivés à Mar
del Plata après 35 jours de mer exactement. Je ne suis
pas très bonne pour décrire les traversées, parfois
c’était long, (quand ça brassait) et parfois ça
passait vite (par belle mer et bon vent, quand on pouvait regarder
des DVD…) Eh oui !!! Ça se modernise de ce côté-là aussi…
Gaston a été super bien. Il a eu cette angine qui nous a fait bien
peur car il ne voulait plus boire à cause de son mal de gorge, mais on
a décidé de lui donner des antibiotiques et ça s’est
terminé. Il est resté 8 jours sans manger et a perdu du poids,
mais il l’a déjà rattrapé grâce aux bons légumes, œufs
et à la super viande d’ici. Gaston a été moins malade
que moi, nous avions mis les coussins du carré par terre et viré les
tables, ça faisait un grand tatami pour tout le monde. Gaston a passé là le
plus clair des 35 jours, sortant très peu sur le pont. On a fait de tout,
gommettes, lecture, découpages, musique, legos, circuit auto, etc.
Nous avons quitté la Martinique avec des grains qui n’ont pas duré,
nous avons fait pas mal de moteur ( voile et moteur, ce qui nous permet de sérrer
le vent de plus près ) . Heureusement que Pascalou avait prévu
le coup et embarqué plein de fuel pas cher à Margarita (Venezuela).
Ensuite, nous avons eu du courant pour nous, ce qui a amélioré la
moyenne, et nous avons même pu faire de la voile pure par moment. Arrivés à notre
way point "Charly",(27 W, 3N) , nous avons piqué au sud et alors,
la température de l’eau a vite chuté, perdant à la
fin plusieurs degrés par jour. Nous avons donc sorti les polaires et allumé le
chauffage deux jours avant l’arrivée. Les oiseaux aussi ont changé,
le ciel vide s’est chargé de pétrels et d’albatrostandis que les poissons volants désertaient définitivement le pont.
Nous avons peu pêché : un thon et une dorade coriphène. Il
faut dire aussi que nous avons raté plusieurs touches et perdu quelques
bas de ligne, et que bien souvent la ligne n’était pas mise, les
estomacs n’étant pas décidés à ce genre de
menu… et vive la semoule et les pâtes de Tonia…
Nous avons parcouru environ 5300 miles, ce qui fait la plus qu’honorable
moyenne de 152 miles par jour. Tout cela bien sûr grâce à Pascalou
qui a été sur le pont le plus clair de son temps, surveillant la
couleur de l’eau et la girouette afin de profiter au mieux des vents et
des courants.
Nous avions parfois des liaisons radio avec la France et avec Carriacou, récoltant
ainsi quelques informations météo supplémentaires, et des
nouvelles des copains. Les deuxièmes sont au moins aussi utiles que les
premières, bien que cette fois-ci, avec l’Iridium, nous ne nous
soyons jamais sentis isolés. (Allô Pattar !!!) Nous recevions parfois
les petits messages des amis et rien que de savoir que quelqu’un pense à vous, ça
va déjà mieux !
Les deux derniers jours ont semblé un peu longs, la moyenne avait tendance à chuter.
Et puis, le GPS donnait une heure d’arrivée estimée, alors
quand on voyait le chiffre augmenter à mesure que la vitesse diminuait,
le moral en prenait un coup. Nous avons quand même réussi à reprendre
de la vitesse et à arriver le mercredi, comme nous l’avions calculé depuis
une semaine au moins. Les amis étaient là, Roberto et Martin, sortis
avec « Paquita » pour nous accueillir. Amarrés à quai à 5
heures du soir, Gaston et moi avons couru sur les pontons pendant au moins une
heure, et on a sorti le rhum et le sucre de Carriacou pour fêter l’événement
dignement.
Maintenant, nous reprenons lentement la vie de terrien, d’autant plus terrienne
que nous sommes à quai.
Nous restons un mois ici avant de descendre vers Ushuaia en passant par
la péninsule
Valdès pour voir les Baleines Franches.
En attendant, ici, il y a plein de jeux pour les enfants et Gaston s’éclate
sur les balançoires et les toboggans....
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